Le ministre de la Santé a-t-il raison de dire qu’«il n’y a pas de fermetures d’urgences»?

Le ministre de la Santé a-t-il raison de dire qu’«il n’y a pas de fermetures d’urgences»?

Selon une enquête diligentée par Samu-Urgences de France, plusieurs dizaines de services d’urgences ont dû provisoirement fermer leurs portes au cours du mois de juillet.

Vous nous interrogez au sujet d’une déclaration de En déplacement au CHU de Nantes, mercredi 3 août, celui-ci a visité le service des urgences adultes et pédiatriques. Visite à l’issue de laquelle il a déclaré, face aux caméras et aux micros :

«Il n’y a pas de fermetures d’urgences. Je crois qu’il faut arrêter avec ce terme, qui est tout le temps utilisé, qui fait peur. Il n’y a pas de fermetures, il y a un accès régulé […] vers les services d’urgences, dans les endroits où il n’y a plus les moyens pour faire tourner [les services] sans cette régulation. Et cette régulation, elle n’apporte pas une dégradation des soins, mais au contraire une meilleure orientation des patients en fonction des besoins.»

François Braun: "Il n'y a pas de fermetures d'urgences" pic.twitter.com/LVn0n2Huh7

«42 établissements ont été contraints de réaliser une fermeture totale de nuit de leur SUpour un nombre cumulé de 546 nuits en juillet. De jour ce sont 23 établissements qui ont réalisé une fermeture totale pour un nombre cumulé de 208 jours»

Pour rappel, cette mission, dont les résultats ont été rendus en juin, avait justement été pilotée par un certain… François Braun, lorsqu’il présidait encore SUdf.

«Il ment face à des éléments qui sont fournis par l’organisation qu’il présidait il y a encore quelques semaines»

Le ministre de la Santé pris en flagrant délit de mensonge ce matin en affirmant qu'aucun service d'urgences n'était fermé la nuit alors que l'organisation qu'il présidait annonce que 42 services sont fermés, qu'1/4 filtre les patients et que 95 % ont des difficultés !

«François Braun est dans son rôle de ministre de la Santé, il se doit de rassurer une population française inquiète», on a un rôle de terrain qui est de dire quelle est la réalité de la situation.»«Il suffit de lire la presse régionale, il n’y a pas un jour sans qu’un service d’urgences ferme ses portes en France»«Un certain nombre de services d’urgences ont fermé complètement leur accès, donc n’accueillent personne. Mais pour autant, les patients ne sont pas laissés seuls face à leurs difficultés. Chaque fois qu’une fermeture a eu lieu, les établissements [de santé] ont fait de l’information pour indiquer au patient vers qui se tourner.» prend en charge, soit un service de l’hôpital prodigue les premiers soins en attendant le Smur»«331 établissements ayant un SU ont adressé une réponse, soit environ la moitié des SU du territoire national»

Sollicités, ni le ministère de la Santé, ni la Direction générale de la Santé n’ont pour l’instant répondu à nos questions.