Science : créer sa revue pour être lu à moindres frais

Des sismologues ont lancé leur propre revue, une solution qui se répand face aux coûts de publication imposés par les éditeurs scientifiques.

« Les journaux du groupe Nature factureront jusqu’à 9 500 euros aux auteurs pour rendre accessibles gratuitement les articles scientifiques, une alternative attendue de longue date »,

Pour comprendre comment un tel montant peut être présenté comme une bonne nouvelle, il faut revenir au fonctionnement de l’édition scientifique. Deux modèles économiques dominent : celui de l’abonnement, où le lecteur paye pour lire, et celui de l’accès ouvert, où les articles sont consultables gratuitement. Et là, les revenus issus des abonnements disparaissent, d’où la volonté des éditeurs de répercuter les coûts en amont.

« Sauf que le travail des éditeurs scientifiques est minime quand il s’agit d’une revue uniquement en ligne »« La mise en forme est faite par les auteurs eux-mêmes, la relecture est assurée bénévolement par d’autres chercheurs du même domaine, la fameuse relecture par les pairs. »

Les chercheurs le reconnaissent, les citoyens payent ainsi trois fois. Pour financer la recherche, la faire vérifier par les pairs, et enfin pour la faire publier, ou pour la lire.

« Un journal scientifique en ligne coûte en réalité moins de 1 000 € par an, en frais d’hébergement et de support technique »,

Mais alors, d’où viennent les quelques centaines d’euros nécessaires au fonctionnement de leur revue ? Essentiellement de l’université canadienne McGill, qui a un programme dédié à la science ouverte. En France, le CNRS soutient de telles initiatives et a annoncé, début février, un plan d’action pour l’accès « diamant ».